LA DESTRUCTION DES HOMMES PAR LES DIEUX.
D'âpres une Inscription Mythologique du Tombeau de Seti I, a Thèbes.

Par Edouard Naville.

Read 1st December, 1874.

[Extracted from Transactions of Society of Biblical Archaeology, vol. 4 (1876), pp. 1-19.]


L'inscription qui doit faire le sujet de ce mémoire rentre dans ce qu'on peut nomine, l'histoire mythologique égyptienne. Dans la mythologie égyptienne, comme dans celle des Grecs, il y a deux faces a considérer, ou plutôt deux degrés de développement dont nous ne pouvons pas fixer exactement les limites, mais qui n'en existent pas moins. Il y a la période dans laquelle la mythologie n est encore que le reflet des phénomènes naturels qu'elle représente; les dieux ne sont que des personnifications cosmogoniques, ce sont des agents qui dans l'enfance de l'humanité tiennent lieu de ce que nous nommons les causes. Rien ne se passe, rien ne s'est passe dans le monde sans la volonté ou sans l'action d'une divinité. Mais viennent les poètes, et aussitôt c'est l'Olympe qui se peuple de divinités ayant chacune sa vie propre, son caractère, ses passions, ses qualités, quelquefois ses vices. L'idée physique, naturelle, s'efface de plus en plus, et nous [p.2] éprouvons d'autant plus d'intérêt pour cette mythologie nouvelle quelle s'éloigne davantage de sou point de départ et qu'elle se rapproche plus de l'humanité. Apollon, Hercule, Jupiter, Venus, parlent bien plus a notre imagination par ce qu'ils ont de commun avec nous que par les phénomènes d' la nature dont ils sont la représentation lointaine; et nous oublions volontiers leur origine pour ne voir en eux que des êtres surnaturels qui se mêlent avec passion de la lutte d'Achille et d'Hector.

La mythologie égyptienne n'a point atteint les brillantes régions de la poésie grecque. Elle a conserve bien plus longtemps son caractère primitif de culte de la nature; a l'exception d'Osiris, les dieux de l'Egypte sont des dieux physiques, des représentations de phénomènes terrestres ou célestes, n'intervenant pas spontanément dans les affaires humaines, et ayant tons a peu-prés les mêmes attributs sous des noms différents. Dans la plupart des textes, Ra ou Ammon, Hathor ou Mut sont des êtres impassibles comme les colosses de pierre qui sont leur image; leur vie n'offre aucun changement et ils n'interrompent leur mutisme eternel que pour répéter au roi ou au défunt quelques formules stéréotypées de bénédiction. Aussi comprend-on l'opinion de Jablonski lorsqu'il dit que les Egyptiens n'attribuaient jamais a leurs dieux ni la colère, ni d'autres passions.

Cependant ce serait une erreur de croire que l'Egypte en soit restée a ce point; il y a un autre cote de la mythologie dans lequel les dieux sont des êtres vivants qui agissent et qui parlent, qui se mêlent des affaires des humains et qui sont sujets a plusieurs des mêmes faiblesses qu'eux. Il y a une histoire des dieux. Nous savions déjà par les auteurs anciens qu'il y avait eu des dynasties divines; nous connaissons maintenant un petit nombre d'épisodes de ces règnes, comme les grandes guerres d'Horus qui conquit l'Egypte pour son père. L'inscription dont j'ai essaye l'interprétation nous en raconte un autre très antérieur dans l'histoire divine, puisqu'il se passe sous le règne de Ra.

Lorsqu'on pénètre aussi loin que possible dans l'immense tombeau du roi Seti I, on arrive dans une salle a colonnes au-delà de laquelle le souterrain devait encore se prolonger.

[p.3]

Du cote droit de cette salle s'ouvre mie petite chambre obscure et basse; en face de la porte, un grand bas-relief représente une vache peinte en rouge, sous le ventre de laquelle se trouve le dieu 'Schu, l'Atlas égyptien, avec huit autres divinités qui personnifient des étoiles; entre les jambes de l'animal sont suspendues deux petites barques de Ra. Ce bas-relief a été public par Champollion (Momts. de l'Egypte III, 245) mais non le texte qui l'accompagne. Les quatre parois de la chambre sont recouvertes d'une longue inscription qui a certains endroits est fort endommagée. D'autres petits bas-reliefs l'ornaient aussi, mais le vandalisme des fellahs et je dirai des voyageurs les a fait disparaitre. Malgré les ordres du vice-roi et la surveillance de M. Mariette-Bey, le tombeau de Seti l'est l'une des carrières les plus fructueuses ou les Arabes viennent se pourvoir de fragments de sculpture qu'ils vendent aux étrangers. J'en ai été témoin moi-même; il m'est arrive en y rentrant le matin de ne plus trouver un dessin que j'avais vu la veille et j'estime que la publication complète de cette tombe magnifique qui a servi de modèle a un grand nombre d'autres, serait une œuvre très utile pour l'avancement de l'égyptologie, car elle sauverait d'une mine certaine ces précieux restes.

C'est, comme je l'ai dit, un épisode du règne de Ra que l'inscription nous rapporte. Or Ra, s'il n'est pas le premier roi divin, est cependant un des plus anciens. J'ai cherche a démontrer dans un autre travail d'âpres un passage du Livre des Morts,1 que le commencement du règne de Ra était antérieur au soulèvement du firmament et remontait, par conséquent, aux premières périodes de la création. Ce règne dura peut-être longtemps puisque nous devons voir les hommes jouer un grand rôle dans le récit qui nous occupe. Ou se passe la scène? probablement a Heliopolis, l'expression de [glyphs] le grand temple, se rapporte par excellence au sanctuaire de cette localité; d'autres textes nous en fournissent la preuve; d'ailleurs le nom même d'On (Heliopolis) se trouve dans le cours du récit. Le choix de cette cite n'a rien qui nous étonne, puisqu'Heliopolis jouissait parmi les [p.4] Egyptiens d'un grand renom d'antiquité, et que ses habitants s'attribuaient une origine bien plus reculée que celle de touleurs compatriotes (cf. Diod. Sic. V, 57). Cette inscription d'or avoir fait partie des livres du prophète, ainsi que nous I prouve la rubrique finale:

"Lorsque Thoth veut lire ce livre a Ra, il se purifie par des purifications de neuf jours, les prophètes et les hommes doivent faire de même."

La sainteté du livre ne l'a pas préserve mieux que d'autres des outrages des hommes et de l'action du temps; les estampages que j'ai rapportes d'Egypte en 1869 et d'âpres lesquels cette traduction a été faite, indiquent de nombreuses lacunes résultant de fractures de la pierre; beaucoup de phrases sont incomplètes, le has des lignes a presque toujours beaucoup souffert, le titre du livre fait entièrement défaut, et il ne reste que quelques mots des premières colonnes du texte. Il y aura donc dans le cours du récit bien des mots a suppléer.

"..........Le dieu qui existe par lui-même âpres qu'il est devenu roi des hommes et des dieux tons ensemble; les hommes ......... a sa Majesté, vie saine et forte, dans sa vieillesse. Ses membres sont en argent, sa chair en or, ses articulations en lapis-lazuli vrai Dit par sa Majesté, vie saine et forte, a ceux qui étaient avec lui: J'appelle,2 devant ma face,3 Schu, Tefnut, Seb, Nut, [p.5] et les pères et les mères qui étaient avec moi quand j'étais encore dans Nun, et j'ordonne (?),4 a Nun qui amène ses compagnons avec lui (disant): Amène-les en petit nombre,5 afin que les hommes ne te voient point et que leur cœur ne s'effraie point; tu iras avec eux (tes compagnons) dans le sanctuaire (le grand temple), s'ils donnent leur consentement,6 jusqu'a ce que j'aille avec Nun dans le lieu ou je me tiens. Quand ces dieux furent arrives ......... ces dieux dans son lieu; ils se prosternèrent devant sa Majesté qui parla devant son père, devant les anciens dieux, les créateurs des hommes et des êtres purs, et ces dieux parlèrent devant sa Majesté, disant: Dis-nous tes paroles afin que nous les entendions. Dit par Ra a Nun; Toi, l'aine des dieux, de qui je suis ne, et vous, dieux antiques; voici7 les hommes qui sont nés de moi-même, ils prononcent des paroles contre moi; dites-moi ce que vous ferez a ce propos, voici, j'ai attendu, et je ne les ai point tues avant [p.6] d'avoir entendu vos paroles. Dit par la Majesté de Nun: mon fils Ra, Dieu plus grand que celui qui Fa fait et que celui qui l'a crée, je demeure (plein) de grande crainte envers toi; que toi-même tu réfléchisses en toi-même (sur ce que tu as a faire). Dit par la Majesté de Ra: voici, ils s'enfuient dans le pays, et leurs cœurs sont effrayes dit par les dieux: que ta face le permette et qu'on frappe ces hommes qui trament,8 des choses mauvaises, tes ennemis, et que personne (ne subsiste parmi eux)......."

Ainsi Ra a règne depuis longtemps puisqu'il est sur ses vieux jours; blesse de l'audace des hommes qui se sont permis de parler contre lui, il convoque le conseil des dieux, il s'adresse a son père Nun, a plusieurs divinités et a toute une assemblée d'anciens, de pères et de mères, qui répondent aussitôt a son appel, et qui, arrives devant lui, se prosternent avec respect. La conversation s'engage; Ra leur expose ses griefs, il se plaint de ce que des hommes dont il est lui-même le père puissent parler contre lui, et il les consulte sur ce qu'il y a a faire. Comme le plus âge, Nun prend la parole et témoigne a Ra sa profonde vénération; et les dieux qui l'entourent proposent au monarque outrage de détruire ces rebelles qui complotent contre lui. Malheureusement une lacune nous empêche de voir quelle est celle des divinités qui est déléguée pour cela et qui prend la forme d'Hathor; j'incline a croire que c'est la déesse Tefnut. Il manque ici plusieurs mots; il ne reste plus que ceux-ci: " .... descendre comme (ou sous la forme d') Hathor."

[p.7]

"Cette déesse partit, et elle tua les hommes sur la terre. Dit par la Majesté de ce dieu: Viens en paix, Hathor, tu as fait (ce qui t'était ordonne) ... dit par cette déesse: Tu es vivant, que j'ai été plus forte que les hommes, et mon cœur est content. Dit par la Majesté de Ra: Je suis vivant que je dominerai sur eux ... (et que j'achèverai) ... leur mine. Et voici que Sechet,9 pendant beaucoup,10 de nuits foula aux pieds leur sang jusqu'a la ville d'Heracleopolis."

La déesse a bien su s'acquitter de son mandat; elle a détruit les hommes, leur sang a été foule aux pieds; et Ra lui accorde des louanges sur ce quelle s'est racontée obéissante, louanges dont il ne tardera pas d'ailleurs a se repentir. Tout le pays donc jusqu'a Heracleopolis est convert du sang des hommes. Devons-nous admettre que la destruction de ces hommes implique celle de toute l'humanité? Cela me semble évident, car l'inscription ne parle pas d'autres humains que des [glyphs] rot-u, les hommes par excellence, a moins qu'on ne puisse considérer comme des hommes les ennemis de Ra auxquels les [glyphs] rot-u, auront plus tard a faire la guerre. Or si les [glyphs] rot-u, sont condamnes a mort, a plus forte raison, les ennemis de Ra sont-ils voues a une destruction certaine.

Mais voici que la scène change. Apres avoir fait massacrer les hommes, le courroux de Ra va s'apaiser par une cérémonie assez étrange.

"Dit par Ra: J'appelle vers moi mes messagers; qu'ils se hâtent, qu'ils se dépêchent, qu'ils courent de toutes [p.8] leurs forces!11 Et les messagers arrivèrent immédiatement. Dit par la Majesté de ce dieu: Qu'ils commencent a Elephantine et qu'ils m'apportent des fruits,12 en quantité. Lorsqu'ils eurent apporte les fruits, ... le Sekti d'Heliopolis broyait ces fruits tandis que les prêtresses .... faisaient couler (?) dans des vases. On mit ces fruits dans des vases ronds avec le sang des hommes, et on fit de boisson sept mille cruches. Et voici que la Majesté de Ra, le roi de la Haute et de la Basse Egypte vint avec les dieux en trois jours de navigation, pour voir ces vases de boisson âpres qu'il eut ordonne a la déesse de tuer les hommes. Dit par la Majesté de Ra: Cast bien, cela; je vai, protéger les hommes a cause de cela. Dit par Ra: J'élève ma main a ce sujet, que je ne tuerai plus les hommes."

Les prêtres Egyptiens aimaient généralement a rattacher leurs rites religieux a quelque grand événement qui s'était passe dans la vie des dieux. Nous savons par exemple par les textes ptolémaïques qu'en souvenir de la grande victoire qu'Horus avait remportée a Edfou sur Set et ses compagnons, les rois versaient quelques gouttes de vin dans une coupe d'eau qu'ils buvaient ensuite. Ici, il n'y a pas l'institution positive d'une cérémonie, ou du moins nous ne savons pas ou elle se célébrait. Ra ordonne lui-même qu'on aille lui chercher des fruits dont les prêtres font une boisson probablement mêlée du sang des hommes. A la vue des 7,000 cruches qu'ils ont préparées, le cœur de Ra est plein de joie, et il jure de ne plus détruire les hommes. Pour le moment, il est satisfait, cette sorte d'offrande l'apaise et il ne songe plus aux rebelles dont il se plaignait si vivement.

[p.9]

Le texte qui suit devient encore plus difficile a comprendre, a cause de plusieurs mots nouveaux.

"La Majesté de Ra, le roi de la Haute et de la Basse Egypte ordonna,13 au milieu de la nuit de verser l'eau des vases,14 et les champs furent complètement (?) 15 remplis d'eau, par la volonté de ce dieu. La déesse arriva au matin et trouva les champs pleins d'eau; son visage en fut joyeux, et elle but en abondance et elle s'en alia rassasiée. Elle n'aper9ut point d'hommes. Dit par la Majesté de Ra a cette déesse: Viens en paix, gracieuse déesse. Et il [p.10] naquit les jeunes prêtresses d'Amu.16 Dit par la Majesté de Ra a la déesse: On lui fera des libations a chacune des fêtes de la nouvelle année sous la direction de mes prêtresses. De la vient que des libations sent faites sous la direction des prêtresses a la fête d'Hathor par tons les hommes depuis les jours anciens."

Dans ce qui précède le lieu de la scène a change. Nous ne sommes plus a Heliopolis; nous sommes maintenant a l'extrémité du Delta, prés du lac Mareotis, dans le dernier nome occidental, le nome Libyque dont la ville d'Amu était la capitale. Le nom d'Amu veut dire: la ville des dattiers, et d'âpres ce qui va suivre, il me semble évident qu'elle était située dans le district appelé [glyphs] le pays de la vache, qui est mentionne dans une inscription géographique du temple d'Edfou. Cette ville doit sans doute le rôle qu'elle joue dans ce texte aux conditions exceptionnelles de ses environs. En effet a l'ouest du nome Libyque vivaient des barbares qui portaient un nom très semblable: les barbares [glyphs] champs de dattiers, et nous savons par la même inscription d'Edfou, qua l'est de leur pays ces barbares vivaient de l'eau du Nil, tandis qu'a l'Ouest ils vivaient de l'eau de puits. Ainsi ce nome formait la limite extrême entre le sol monde par le Nil et la région qui n'avait d'autre eau que celle des puits; il était donc dans des circonstances différentes des autres; il ne dépendait pas uniquement du fleuve. A la fin du siècle passe, un membre de l'expédition française, le général Andreossy, visitant le territoire de ce nome et surtout l'emplacement de Mariouth, l'ancienne Marea, nous dit qu'on y trouve des puits profonds et bien entreteneur, mais que ces puits ne sont remplis que par la pluie. Ce pays était cependant d'une grande fertilité, car de nombreux auteurs arabes ou autres témoignent que les environs du lac Mareotis étaient jadis une foret de palmiers, [p.11] ce qui justifie pleinement soit le Horn de la ville soit celui des barbares Libyens qui habitaient dans le voisinage. Les inscriptions hiéroglyphiques nous apprennent que les dieux d'Amu étaient Hathor et Osiris, et il y a vraisemblablement une mention d'une cérémonie toute analogue a celle dont nous venons de voir l'institution dans cette phrase d'une invocation a Osiris:

"Tu es a Amu, ... tons les hommes versent de l'eau en l'honneur du créateur de leurs personnes."

Quant au sens de cette cérémonie, il me semble que c'est une représentation symbolique de la pluie qui venait remplir les puits des habitants du nome Libyque et qui était nécessaire a leur existence. C'était en souvenir de ce que Ra avait fait inonder les champs et qu'Hathor était venue s'y désaltérer que tous les hommes répandaient de l'eau chaque année en l'honneur de la déesse.

Le récit continue sous une forme qui devient de plus eu plus familière. Les dieux sont descendus de leur piédestal; ils se sont rabaisses au niveau de l'humanité; ils ont même des aventures triviales. Voici Ra qui se repent d'avoir été trop magnanime envers les hommes, qui trouve que cette destruction dont il n'est pas lui-même l'auteur n'a point été faite comme il le désirait et qu'il est toujours importune de la société des humains.

Dit par la Majesté de Ra:

"Il y a une douleur cuisante qui me tourmente; qu'est-ce donc qui me fait mal? Dit par la Majesté de Ra: Je suis vivant, que mon cœur est lasse d'être avec eux (les hommes) je ne les ai nullement détruits; ce n'est pas une destruction que j'aie faite moi-même!17 Dit par les dieux [p.12] qui l'accompagnent: Arrière avec ta lassitude, tu as obtenu tout ce que tu désirais. Dit par la Majesté de ce dieu a la Majesté de Nun: Mes membres sont souffrants depuis fort longtemps; je ne pourrai pas marcher jusqu'a ce que j'atteigne un autre (pour m'aider)."

Ici, il n'est malheureusement plus possible de continuer une traduction suivie, le texte est trop gâte, mais il parait d'âpres ce qui en reste que Nun appelle ses enfants Schu et Nut pour qu'ils viennent au secours de Ra et qu'âpres les recommandations de son père la déesse Nut se décide a charger Ra sur son dos. A ce moment les hommes paraissent de nouveau; ils voient passer Ra porte par la déesse, et, autant que je peux en juger, ils offrent au monarque d'aller combattre ses ennemis. Le dieu continue son voyage et arrive en bonne sante dans un sanctuaire. Pen âpres nous voyons le mot vache; probablement qu'il se passe la une transformation de la déesse Nut qui prend la forme de cet animal. Il était encore nuit; au matin les hommes sortent, portant leurs arcs, et le dieu leur dit: "Vos pèches sont derrière vous." Un combat a lieu, il est vraisemblable que les ennemis de Ra sont enveloppes dans une destruction complète. Ensuite Ra veut aller au ciel. "J'ai résolu," dit-il, "de me l'aire enlever au ciel; qui est celui que Nut en chargera?"18 Quelqu'un se présente, dont Ra se sert pour son ascension, et il pénètre dans un lieu que je ne puis déterminer. Arrive la, le dieu veut embellir sa résidence et sans doute faire plaisir a cette vache dont le nom a paru dans l'inscription, et qui doit être l'emblème de la déesse Nut.

"Le dieu dit; Je rassemble en ta possession des milliers (?) d'hommes et il naquit ...." le reste manque. "Dit par sa Majesté, vie saine et forte: Qu'un champ de repos s'étende; et il naquit un champ de repos. J'y fais [p.13] croitre des fleurs; et il naquit le champ des Aalu. J'y mets comme habitants les êtres de toute espèce qui sont suspendus dans le ciel, les étoiles. Alors Nut se mit a trembler très fort. Dit par la Majesté de Ra: Je rassemble les multitudes pour qu'elles l'adorent, et les multitudes naquirent. Dit par la Majesté de Ra: Mon fils Schu,19 prends avec toi ma fille Nut et gardez les multitudes qui vivent dans le ciel nocturne; place les sur ta tète et sois leur nourricier on dit ce chapitre a la vache (qui se nomme) la multitude des êtres."

Suit une longue description de cette vache, dont nous avons signale la représentation sur une paroi de la chambre ou se trouve notre texte. Cette description interrompt momentanément le récit; elle est longue, embarrassée, remplie de noms propres dont le sens mystique nous échappe. Il ressort cependant de ce que nous avons traduit qu'il faut considérer cette vache comme un emblème du ciel ou sont rassemblées des millions d'étoiles, appelées des êtres vivants.

Ainsi, âpres avoir essaye en vain de detruire les hommes sur la terre, souffrant de ce séjour ou leur société l'importune, Ra laisse aux humains le soin de combattre ses ennemis, et lui-même se fait porter au ciel. La il crée le champ des Aalu, Pelysee des anciens Egyptiens, et le peuple d'étoiles; puis il s'occupe a repartir entre les dieux qui l'accompagnent le soin des diverses parties du monde. Schu et Nut deviennent des divinités célestes chargées de garder les multitudes d'êtres qui vivent dans le ciel; l'une a la forme d'une vache; l'autre comme un Atlas soutient de ses deux mains le ventre de cette vache qui porte toutes les étoiles. Voyons maintenant a qui Ra va confier les êtres qui sont sur la terre:—

"Dit par la Majesté de Ra a Thoth: Appelle-moi la Majesté de Seb et dis lui: viens en hâte, sur-le-champ! Apres que la Majesté de Seb fut venue, le dieu lui dit: Prends sous ta garde les serpents qui sont en toi (dans ton [glyphs]) [p.14] sein), qui me craignent tel que je suis; tu connaitras leur sagesse et ensuite tu iras dans le lieu ou est mon père Nun et tu lui diras: Garde soigneusement les reptiles de la terre et de l'eau ...."

Une lacune regrettable dans mes estampes m'empêche de traduire la fin de ce fragment. Seb est connu pour être le dieu représentant la terre; il est naturel que Ra lui parle des serpents qu'il a en son sein, ou plus littéralement en lui; dans la répartition que Ra fait aux diverses divinités, c'est donc Seb et Nun qui sont charges de garder les créatures qui rampent sur le sol ou qui vivent dans l'eau. D'âpres ce qui reste des lignes incomplètes qui suivent, on voit qu'il est question d'enchantements ou de formules magiques, destinées a faciliter la tache des dieux. On sait en effet que de tons temps les reptiles, surtout le serpent et la grenouille (dont le nom en égyptien rappelle celui d'enchantement). out joue un grand rôle dans les arts magiques et la sorcellerie.

Selon toute apparence, il y a dans la mention spéciale des serpents et des reptiles amplifies une signification symbolique. Dans les nombreuses représentations des dieux des éléments, on trouve que ces divinités out presque toujours des tètes de grenouille ou de serpent, suivant qu'elles sont considérées comme male ou femelle. Or, si la division des éléments en quatre ou huit date peut-être des Ptolémées, le symbolisme qui leur donnait l'image de reptiles est certainement d'origine plus ancienne, et il me semble évident que lorsque Ra remet a Seb et a Nun la garde de ces animaux et les enchantements par lesquels ces dieux pourront les maitriser, c'est dire qu'il leur donne la domination sur les Eléments et les moyens de régler leur action. Il reste encore un dieu a qui Ra va faire la plus belle part:

"Dit par la Majesté du dieu a Thoth: Viens, quittons le ciel et allons dans ma demeure, parce que je veux faire un luminaire brillant dans le ciel inferieur et dans la région profonde,20 c'est-la que tu inscris et que tu gardes ceux qui ont commis des actions méchantes les serviteurs [p.15] que halte mon cœur. Mais toi, tu es dans nia demeure, le dieu de ma demeure; on t'appellera Thoth, la demeure de Ra; je te donne d'envoyer des messagers vers .... et il naquit l'ibis de Thoth; je te donne d'élever ta main a la face des grands dieux ....... et il naquit les deux grues21 de Thoth; je te donne d'entomber les deux parties du ciel par ta grâce et par tes rayons, et il naquit le disque lunaire de Thoth; je te donne de te tourner vers les Ioniens, et il naquit le cynocéphale de Thoth qui est dans son escorte;22 tu es sous mes ordres; les yeux de tons sont ouverts sur toi, et tous les hommes t'adorent comme un dieu."

Apres avoir remis a la garde de diverses divinités le ciel et la terre, Ra devait encore choisir le gardien de la région inferieure, celle que nous nommons l'abime ou l'enfer. C'est le dieu Thoth qui en est charge, et, en même temps que Ra lui impose ses fonctions, nous voyons naitre les symboles par lesquels il est le plus souvent représente: l'ibis, le cynocéphale, le disque lunaire, et un autre beaucoup plus rare, les deux grues, ou les deux ailes de grue. C'est le dieu que Ra traite avec le plus de faveur, c'est le seul auquel il parle avec une sorte de bienveillance et qu'il appelle sa demeure, c'est-a-dire, par une métaphore assez fréquente a la langue égyptienne, l'objet de ses affections. Il ne faut pas s'étonner de ce qu'il semble n'y avoir aucun rapport entre les [p.16] promesses de Ra et les symboles qui y correspondent. L'om quiconque a le texte égyptien sous les yeux, ce contraste s'explique de lui-même par ces allitérations que les Egyptiens affectionnaient. Ils aimaient a rapprocher des mots ayant un son analogue, quand même l'idée qu'ils représentent est peut-être très différente; c'est pour cela qu'ils dérivent [glyphs] du verbe [glyphs] a envoyer, et [glyphs] cynocéphale de [glyphs] se tourner.

C'est avec ce discours de Ra que finit le récit proprement dit; âpres quoi vient l'indication de la manière dont il doit être lu:

"Celui qui prononce ces paroles lui-même," est-il dit, "doit se frotter de baume et d'huile fine; il doit avoir un encensoir dans les mains et des parfums derrière les deux oreilles; ses lèvres doivent être purifiées avec du bet; il est vêtu de deux tissus tout neufs; il est chausse de souliers de bois; l'image de Ma (la Vérité) est sur sa langue peinte en couleur roi fraiche d'écrivain. Lorsque Thoth vent lire ce livre a Ra, il se purifie lui-même par des purifications de neuf jours; les prêtres et les hommes doivent faire de même."

A la lecture de ce conte bizarre, il est impossible de ne pas être frappe a quel point il diffère de la grande masse des inscriptions funéraires qui garnissent les tombeaux des rois, ou du Livre des Morts. Au lieu de descriptions monotones de la course du soleil aux différentes beures du jour et de la nuit, ou d'invocations mystiques aux génies, nous avons ici une sorte de dialogue, une espèce d'histoire des dieux. Ra n'est plus la divinité cosmogonique a tète de bélier que les esprits trainent sur sa barque; c'est un roi, un Jupiter, qui règne depuis longtemps sur les hommes et les dieux et qui exerce son autorité même sur son père et sur ses ascendants. Irrite de l'audace des hommes, il veut les détruire, mais il se laisse apaiser par une offrande et jure de ne pas les faire périr. Cependant il se fatigue bientôt d'être toujours avec eux; il les quitte et se fait porter au ciel par Nut. Il remet a cette dernière et a Schu la garde des êtres du ciel; a Seb et [p.17] a Nun la garde des êtres de la terre et de l'eau; et il s'en va faire sa demeure avec Thoth, son préfère. Etrange récite dans lequel au milieu d'inventions fantastiques et souvent puériles, nous trouvons cependant les deux termes de l'existence telle que la comprenaient les anciens Egyptiens. Ra commence par la terre, et, passant par le ciel, s'arrête dans la région de la profondeur, l'Ament, dans laquelle il parait vouloir séjourner. C'est donc une représentation symbolique et religieuse de la vie qui, pour chaque Egyptien et surtout pour un roi conquérant, devait commencer et finir comme le soleil. Voila ce qui explique qu'un chapitre qui a certains endroits parait si peu respectueux pour les divinités dont il parle, puisse être inscrit dans un tombeau, et que même, d'âpres les cérémonies qui doivent en accompagner la lecture, il soit considère comme d'une sainteté presque redoutable. Pour qu'il fut a l'abri des regards profanes, cette inscription avait été mise dans une petite chambre probablement tenue fermée, et rien dans les quelques bas-reliefs qui s'y trouvent ne pouvait faire connaitre le contenu du texte.

Il y aurait peut-être des comparaisons a faire avec d'autres mythologies, peut-être aussi des traces de ce mythe a retrouver dans d'autres morceaux de la littérature égyptienne. Je voudrais en finissant m'arrêter sur un seul point, sur le récit du massacre des hommes. Il me semble que c'est la qu'il faut chercher l'origine des sacrifices humains qui nous sont rapportes par plusieurs auteurs grecs et aux quels Hérodote ne veut pas croire. Plutarque nous dit (de Is. et Os. p. 129, ed. Parthey) que dans la ville d'Ilithyia, on brulait vivants des hommes qu'on appelait typhoniens et qu'on répandait leurs cendres aux vents. Porphyre nous parle d'hommes qu'on immolait a Heliopolis, et Seleucus, cite par Athénée, rapporte qu'a la place des victimes humaines qu'on sacrifiait dans les temps anciens, les Egyptiens offraient aux dieux des gâteaux [Greek]. Or ici, nous voyons que Ra fait tuer les hommes, et qu'une déesse foule aux pieds leur sang; puis, satisfait d'une offrande dont la nature n'est pas parfaitement certaine, il jure de ne plus tuer les hommes. Il semble donc qu'il ait accepte cette offrande a la place des humains dont il avait ordonne la destruction. A la vue des [p.18] vases de boisson qui lui rappellent ses exploits, il lui suffit que la mort des hommes soit commémorée de cette manière, de même que les victoires d'Horus sont célébrées par le vin que le roi verse dans sa coupe. Cette légende détournera les Egyptiens des sacrifices humains; ce ne sera pas chez eux une coutume, et, en particulier, ils ne sacrifieront pas des Egyptiens, des hommes de leur race, a moins qu'ils ne portent sui-eux-mêmes la marque de Typhon. Car la protection de Ra ne s'étend pas a toute l'humanité, il a jure d'épargner les rot-u, les hommes par excellence, ceux qui sont nés de sa personne et qui sont le type de la race égyptienne; a cote d'eux sont les ennemis de Ra que les hommes combattent et qu'ils doivent percer de leurs flèches: le serment de Ra ne s'applique pas a eux. Rien d'étonnant donc a ce que dans certaines occasions, on immolât les hommes typhoniens, ceux qui par leur couleur ou leur origine étaient considères comme des ennemis du roi divin. Tel est aussi l'un des sens de ce conte mythologique que nous a livre le tombeau de Seti I.

Les mythes égyptiens n'ont pas de charme en eux-mêmes il ne s'y trouve ni l'imagination brillante ni la fraicheur qui distinguent ceux des poètes grecs. Le style est aride, et la lecture en est trop souvent rendue fastidieuse par une grande ambigüité de langage, et par des détails triviaux et puérils. C'est l'interprétation seule qui en fait l'intérêt, l'idée philosophique qui les a dictes, la conception de l'esprit qui se cache sous un vêtement si bizarre et quelquefois si grossier.

C'est la le but vers lequel nous devons diriger nos recherches, et nous saurons alors si les Egyptiens méritent bien réellement ce renom de grande sagesse dont ils se sont pares dans l'antiquité.


Note.

Ce mémoire était déjà sous presse, quand j'ai reçu de Monsieur le Dr. Birch la proposition que j'ai acceptée avec empressement, d'y ajouter le texte hiéroglyphique. Cette décision n'ayant été prise que cet hiver, cela explique [p.19] pourquoi le lecteur ne trouvera dans le cours du mémoire aucun renvoi au texte égyptien.

Grace a l'obligeance de M. Edwin Smith et de M. le Prof. Mills, j'ai pu combler la lacune qui existait au milieu des lignes 58-62 par le fait de la perte d'un de mes estampages.

Les cinq planches ci-jointes contiennent tout ce qui reste sur les quatre murs de la Chambre de la Vache. Elles contiennent, outre les parties traduites, celles que j'avais omises a dessein, et dont l'interprétation devra faire l'objet d'un travail subséquent, a savoir; La description de la Vache céleste (1. 44-55), et l'invocation aux esprits de l'Orient (1. 84-fin). Sauf la lacune susmentionnée, l'inscription a été copiée en entier d'âpres mes estampages, et collationnée par M. Birch sur ceux de M. le Prof. Mills. L'etat de la pierre ne permet pas d'espérer qu'on puisse combler les vides considérables qui se trouvent dans la planche B.

 

C

 
D B

 

E

A

 

 


NOTES

1 Voyez Zeitschrift, 1874, p. 57.

2 [glyphs], expression qui se retrouve a plusieurs reprises avec des variantes d'orthographe: [glyphs] et [glyphs]. Partout la préposition [glyphs] a l'air de faire corps avec le verbe; les désignations de conjugaison ne viennent qu'âpres. Brugsch, Dict. p. 1669, [glyphs] herbeigerufen wurden die Grossen.

3 [glyphs] substantif pronominal se rapportant a un dieu est suivi ici d'un déterminatif divin; il est plus fréquent au pluriel avec le sens de tous les hommes (Stèle de Horemheb a Londres, 1. 6.) [glyphs] quand tu le lèves, tous les hommes sont dans la joie. La même mot sans déterminatif et avec une négation se trouve plus bas: [glyphs] personne, ainsi que l'expression suivante, [glyphs] tous les hommes l'adorent comme un dieu.

4 [glyphs] Ici le texte parait incomplet ou fautif. Ce mot dépend peut-être de [glyphs] qui précède, comme dans la conjonction composée [glyphs] lorsque.

5 [glyphs] mot nouveau que j'ai pris pour une variante de [glyphs] (Brugsch, Dict. p. 1502). [glyphs] (Birch, Dict. p. 410).

6 Voyez Brugsch, Dict. p. 1558, sous le mot [glyphs] l'exemple qu'il dite: [glyphs] der Glanz seines Herrn welcher Beifall spendete dem Plane seines Gottes.

7 [glyphs] etc. ... voici que les hommes, .... etc. [glyphs] manière assez fréquente d'entrer en matière, de commencer une phrase, même lorsqu'on s'adresse a une seule personne. [glyphs] etc., du par la Majesté du dieu a Thoth: Viens, quittons, etc. On trouve aussi [glyphs] littéralement: vous et moi.

8 [glyphs] complot, conspiration, rébellion. C'est le même crime qui oblige Horus a marcher confère ses ennemis. Voyez Naville, Mythe d'Horus, pl. XII, 4. [glyphs] ils conspirent contre leur seigneur.

9 [glyphs] Je considère le nom de Sachet comme une autre dénomination de la déesse Tefnut ou Hathor, qui a massacre les hommes.

10 [glyphs] littéralement mélange, variété de nuits, de même racine que l'adjectif [glyphs] (Brugsch, Grammaire, p. 51), maint, divers, différent. On peut le comparer aussi au Copte ¥be septante.

11 [glyphs] de tontes leurs forces, litt. durities cordis; cf. [glyphs] Copte ¥ot (Peyron, Dict. p. 310) durities, analogue a l'expression [glyphs] (Brugsch, Dict. p. 1366) aÝwot ii xht, sustinere, pati.

12 [glyphs] Le déterminatif est celui des fruits, un petit disque jaune [glyphs] horde de rouge. Copt. jiji pomus.

13 variante de [glyphs].

14 [glyphs] de verse l'eau des vases. Traduction tout-a-fait conjecturale. Il est probable cependant qu'il s'agit de vases ou de libations, puisque nous trouvons plus loin a deux reprises le mot [glyphs] que le déterminatif me force a traduire par libations. Cette colonne étant celle du coin, les estampages n'ont pas parfaitement réussi.

15 [glyphs] et des champs furent complètement (?) remplis d'eau [glyphs] se lit. Sep, et signifie la pamme des mains; de-là la mesure de la palme. cf. Todt. ch. III, 1. 4, d'âpres le pap. de Nebseni [glyphs], je suis l'homme qui revêt ta face et qui ru fraichit la paume de ta main. [glyph] ou [glyph] veut dire deux. cf. Todt. ch. Ill, 2, [glyphs] ou 1e pap de Leyde lit. il a deux coudées de longueur. Todt. 112, 7, d'âpres le pap. de Nebseni. [glyphs] mets en deux a Pe et deux a Chen. L'expression [glyphs] quatre palmes parait avoir ici une sens adverbial, des quatre cotes, entièrement; de même dans le description de la vache [glyphs] elle est de tons les cotes peinte en roi. Je ne donne cette dernière traduction que comme une hypothèse qui exige des preuves en plus grand nombre.

16 [glyphs] que M. Brugsch appelle Libyque (cf. Geogr. I, 244 et 245, et III, 15) que M. Jacques de Rouge (Monnaies de l'Egypte, p. 70 et 71) divise en deux, Marotique et Libyque. Voyez aussi les textes géographiques de M. Dumichen, et en particulier I, 98, 5.

17 [glyphs] litt.: ce n'est pas une destruction ou j'aie étendu ma main. Etendre sa main veut dire: agir soi-même avec violence, payer de sa personne (Stèle de Thotmes, 1. 5) [glyphs] .... le dieu dit: J'étends mes mains moi-même et je lie pour toi ... De la dans le mauvais sens: [glyphs] (Pap. Abbott, III, 6) faire main basse sur. Chabas, Mel. Ill, 64.

18 [glyphs] qui est celui que Nut en chargera? J'ai adopte pour le verbe [glyphs] la traduction de M. Brugsch, Todt. I, 5, ubertragen. Ra demande a qui Nut remettra la charge de le porter au ciel.

19 [glyphs] mon fils 'Su. Les mots fils et fille sont sans doute ici des noms d'affection. Ces divinités sont en réalité les enfants de Nun et non do Ra.

20 [glyphs] litt. le region de la caverne.

21 [glyphs] les deux grues (?) de Thoth. Origine du nom de [glyphs] donne a Thoth. M. Goodwin nous apprend que Thoth est quelquefois représente par deux oiseaux, [glyphs] (Zeitschr. 1874, p. 38.) Peut-être aussi faut-il traduire: les deux ailes de la grue de Thoth; Ci serait alors l'explication du signe ^ qui accompagne souvent le nom du dieu.

22 [glyphs] Je traduis ce mot par compagnon escorte, (Leps. Denkm. II, 149. [glyphs]. compagnons, escorte d'Horus a son couronnement.) Voy. aussi Todt. 145, 3.